VARSOVIE, Pologne — L'Église catholique en Pologne a introduit le 1er mars des sanctions financières comme mesure disciplinaire pour le clergé et les laïcs exerçant des fonctions officielles au sein de l'Église qui commettent des délits canoniques.
Cette décision fait suite à la réforme de 2021 du Code de droit canonique par le pape François, qui a rétabli et clarifié la capacité de l'Église à imposer des sanctions financières en tant que peines expiatoires.
La Conférence épiscopale polonaise a adopté des normes nationales mettant en œuvre la réforme sur les sanctions financières lors de sa 402e Assemblée plénière à Gdańsk le 14 octobre 2025.
Le décret a ensuite reçu l'approbation requise du Dicastère pour les évêques à Rome le 26 janvier, ouvrant la voie à sa promulgation. La Conférence épiscopale polonaise a formellement lundi. la mesure le 26 février.

Comment fonctionnent les amendes
Selon les nouvelles réglementations, les amendes sont calculées en fonction du salaire mensuel brut minimum légal en Pologne au moment où la sanction est imposée.
Le décret précise que l'amende minimale ne peut être inférieure à la moitié du salaire mensuel brut minimum et que l'amende maximale ne peut excéder 20 fois ce même salaire.
Avec le salaire mensuel brut minimum en Pologne actuellement fixé à 4 806 zlotys polonais — soit environ $1 350 — cela signifie que les amendes varieraient de 2 403 zlotys (environ $680) à 96 120 zlotys (environ $26 900), selon la gravité de l'infraction.
La sanction peut également inclure une privation partielle ou totale de la rémunération ecclésiastique. Toutefois, le décret stipule que les peines ne peuvent priver la personne sanctionnée des moyens nécessaires à une « existence décente ». En pratique, cela signifie que l'individu doit conserver un revenu équivalent au montant protégé contre la saisie sur salaire en vertu du droit civil polonais.
L'autorité imposant la sanction détermine l'entité à laquelle l'amende est versée, à condition qu'elle serve des objectifs ecclésiaux.
Les nouvelles normes s'appliquent non seulement aux prêtres, mais aussi aux laïcs occupant des fonctions ecclésiales ou exerçant des devoirs officiels au sein de l'Église, y compris ceux employés dans des paroisses ou des structures diocésaines.
En liant les amendes au salaire minimum, les évêques polonais visent à garantir que les sanctions restent proportionnées et conservent leur valeur réelle au fil du temps, en s'ajustant automatiquement aux conditions économiques.

Qu'est-ce qu'un délit canonique ?
En droit canonique, un délit canonique est une violation externe d'une loi ou d'un précepte commise avec une liberté et une intention suffisantes. Le Livre VI révisé du Code de droit canonique, mis à jour en 2021, définit une série d'infractions punissables.
Celles-ci incluent les abus de fonction ecclésiastique, les fautes financières, la violation des obligations liées au ministère sacré, la désobéissance à l'autorité légitime de l'Église et les infractions contre les sacrements. La loi prévoit également des sanctions pour des crimes plus graves tels que les abus sexuels, la tentative d'ordination de femmes ou l'administration illicite des sacrements.
Toute erreur ou manquement moral ne constitue pas un crime canonique. Pour qu'une sanction soit imposée, la violation doit être légalement définie, vérifiable extérieurement et imputable à la personne responsable.
L'introduction de sanctions financières en Pologne s'applique donc aux cas où les autorités ecclésiastiques déterminent qu'un clerc ou un responsable laïc a commis une violation formelle du droit ecclésiastique dans l'exercice de ses fonctions au sein de l'Église.

Base de la réforme
Le décret polonais met en œuvre la révision de 2021 du Livre VI du Code de droit canonique par le pape François, qui a renforcé les dispositions pénales au sein de l'Église. La réforme a clarifié les catégories d'infractions et rétabli les sanctions financières en tant que peines canoniques légitimes.
La réforme du Vatican visait à promouvoir une plus grande responsabilité, cohérence et transparence dans l'application de la discipline ecclésiastique, en particulier en réponse aux préoccupations selon lesquelles les sanctions canoniques étaient parfois appliquées de manière inégale.
De cette manière, l'Église catholique polonaise, en mettant en œuvre des sanctions financières pour les abus canoniques, renforcerait les mécanismes de responsabilité interne tout en définissant clairement les conséquences financières pour les violations du droit de l'Église.

Effet escompté
Les nouvelles réglementations visent à améliorer la clarté et la dissuasion dans la discipline canonique. En spécifiant des conséquences financières liées à des repères civils objectifs, les normes cherchent à rendre les sanctions plus concrètes et efficaces.
Dans le même temps, les garanties intégrées au décret assurent que les sanctions restent proportionnées et ne privent pas les individus des ressources nécessaires à une vie décente.
Le décret a été signé par le président de la Conférence épiscopale polonaise, l'archevêque métropolitain Tadeusz Wojda de Gdańsk, et l'évêque Marek Marczak, secrétaire général de la conférence.
