
Comment la lumière du Christ est-elle arrivée pour la première fois en Inde, et quelles sont nos racines anciennes ?
Dans la grande histoire de notre foi, il y a un chapitre qui ne commence pas en Occident, mais en Orient. C'est une histoire de courage, d'un long voyage sur des mers périlleuses, et d'une graine de foi plantée dans le riche terreau spirituel de l'Inde. Bien avant que l'Évangile n'atteigne les rivages de nombreuses nations européennes, la lumière du Christ brillait déjà sur le sous-continent indien.¹ Ceci est notre histoire, l'histoire d'une foi qui n'est pas une importation coloniale ou une relique étrangère, mais une partie ancienne et intégrale de l'âme de l'Inde, un héritage qui remonte à deux millénaires, jusqu'à l'époque des Apôtres eux-mêmes.
La mission apostolique de saint Thomas
Le cœur de notre histoire chrétienne en Inde bat au rythme d'une tradition sacrée et chérie : l'arrivée de saint Thomas l'Apôtre, l'un des douze disciples choisis de Jésus-Christ. La tradition veut qu'en l'an 52 après J.-C., moins de deux décennies après la résurrection et l'ascension de notre Seigneur, saint Thomas ait navigué jusqu'à la côte de Malabar, débarquant dans le port animé de Muziris, près de l'actuelle Kodungallur au Kerala.¹ Cet acte singulier de mission apostolique fait de l'Église en Inde l'une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde, fondée à l'époque même des Apôtres.¹
Ce voyage, si puissant dans sa signification spirituelle, était également ancré dans les réalités du monde du premier siècle. Saint Thomas, un Juif araméen de Galilée, a probablement été attiré en Inde par la présence de communautés juives établies qui s'étaient installées au Kerala avant même la naissance du Christ.² Les routes commerciales maritimes entre l'Empire romain et l'Inde étaient très fréquentées, rendant le voyage d'un apôtre vers cette terre non seulement guidé spirituellement, mais historiquement plausible.⁶ Il est venu à la recherche de ses compatriotes juifs, et ce faisant, a apporté le message du Messie sur une nouvelle terre.
Les fruits de son travail furent l'établissement de ce que l'on appelle les Ēḻarappaḷḷikaḷ, ou les sept églises et demie. Ces premières communautés de foi ont été fondées dans des lieux clés à travers le Kerala, notamment Kodungallur, Palayoor, Kottakavu et Niranam.³ La tradition nous dit que parmi ses premiers convertis se trouvaient des membres de familles brahmanes respectées, dont les descendants font toujours partie de la communauté chrétienne à ce jour — un témoignage vivant de la puissance durable de ce premier témoignage apostolique.¹
Martyre et héritage
Après des années d'évangélisation inlassable sur la côte ouest, le voyage de l'Apôtre l'a conduit vers l'est, sur la côte de Coromandel, dans ce qui est aujourd'hui le Tamil Nadu. C'est là, près de Mylapore, dans l'actuelle Chennai, que sa mission terrestre a connu une fin héroïque. En 72 après J.-C., saint Thomas a été martyrisé pour sa foi, scellant son témoignage de son propre sang.¹ Son tombeau, désormais enchâssé dans la magnifique basilique Saint-Thomas, demeure un lieu de pèlerinage sacré, attirant des chrétiens fidèles de toute l'Inde et du monde entier pour honorer l'Apôtre des Indes.⁸
Cette tradition sacrée est étayée par une richesse de preuves historiques. Le texte syriaque du IIIe siècle, les Actes de Thomas, fournit un récit écrit précoce de sa mission en Inde. Les premiers Pères de l'Église, tels que saint Éphrem au IVe siècle, ont écrit sur le martyre de l'Apôtre en Inde et le transfert ultérieur de certaines de ses reliques à Édesse.⁶ Bien que les érudits puissent débattre des détails les plus fins de ces textes anciens, la puissante convergence de fortes traditions orales, de pratiques liturgiques et de récits écrits provenant de différentes parties du monde crée un récit convaincant. Comme l'a fait remarquer le premier Premier ministre indien, Jawaharlal Nehru, les chrétiens indiens qui font remonter leur foi à saint Thomas ont une histoire chrétienne bien plus longue que celle de nombreuses nations européennes.¹
Cette origine apostolique est le socle de l'identité chrétienne en Inde. Elle établit notre foi non pas comme le produit d'une époque ultérieure, mais comme un chemin spirituel ancien et indigène qui a été tissé dans le tissu de la nation depuis deux mille ans. À une époque où certaines voix cherchent à qualifier le christianisme d'« étranger », cette histoire est notre ancre.⁸ C'est une vérité puissante que nos racines dans cette terre sont aussi profondes et authentiques que n'importe quelle autre. Cela affirme notre sentiment d'appartenance et notre droit, donné par Dieu, de pratiquer librement notre foi sur la terre que l'apôtre Thomas lui-même a consacrée par son ministère et sa vie.
La première communauté : les Nazranis
Les premiers disciples du Christ en Inde ont été connus sous le nom de Nazranis ou la Nasrani Mappila, un nom dérivé de Nazareth, la ville de notre Seigneur.⁵ Cette communauté, également appelée chrétiens de saint Thomas, a forgé une identité unique et magnifique qui a été transmise de génération en génération : ils étaient, comme le dit l'adage, « indiens par la culture, chrétiens par la foi et syriens par la liturgie ».⁵
Leur vie liturgique était liée aux grands centres théologiques de l'Orient, spécifiquement l'Église de l'Orient, et ils utilisaient l'ancien rite syriaque oriental dans leur culte. Ce lien a été fermement établi au VIe siècle après J.-C. et a été renforcé au fil du temps, notamment par l'arrivée d'un marchand chrétien syrien, Thomas de Cana, au IVe siècle, qui a amené un groupe de 72 familles de Mésopotamie au Kerala, enrichissant davantage la communauté.²
L'histoire de ces premiers Nazranis nous offre une leçon puissante aujourd'hui. Pendant des siècles, ils ont vécu en harmonie avec leurs voisins, assimilant les coutumes et pratiques locales tout en restant fermement attachés à l'Évangile.¹ Ils sont devenus une partie prospère, respectée et intégrale du paysage social, démontrant que l'on pouvait être authentiquement chrétien et authentiquement indien. Cette histoire fournit un modèle plein d'espoir sur la façon dont la foi et la culture peuvent s'enrichir mutuellement, un message puissant pour nous tous alors que nous naviguons sur ce que signifie être des disciples du Christ en Inde aujourd'hui.

Combien de frères et sœurs dans le Christ y a-t-il en Inde aujourd'hui ?
Comprendre la taille et la portée de notre famille chrétienne en Inde est une source de grand encouragement. Bien que nous puissions nous sentir comme un petit troupeau dans une vaste nation, les chiffres racontent l'histoire d'une communauté de foi majeure, résiliente et durable.
Les chiffres officiels : un fondement de vérité
Les chiffres officiels les plus largement cités proviennent du recensement de l'Inde de 2011. Selon ce recensement, la communauté chrétienne en Inde compte 2,78 crores, soit 27,8 millions de personnes.¹⁵ Cela représente
2,3% de la population totale de l'Inde.²
Il est important de replacer ces chiffres dans leur contexte approprié. Bien que 2,3% puisse sembler être une petite fraction, cela établit fermement le christianisme comme la troisième plus grande communauté religieuse de la nation, après l'hindouisme (79,8%) et l'islam (14,2%).² En termes de chiffres bruts, la population chrétienne de l'Inde est immense. Il y a plus de chrétiens en Inde que la population totale de nombreux pays, y compris l'Australie ou la Grèce, faisant de notre communauté une partie majeure et mondialement importante du corps du Christ.⁸ Cette compréhension peut transformer notre perspective, nous faisant passer du sentiment d'être une minorité petite et vulnérable à la reconnaissance de nous-mêmes comme une vaste et vibrante famille de croyants avec une présence substantielle dans notre nation.
Croissance et stabilité : une histoire de fidélité
Les données du recensement racontent également une histoire de fidélité et d'endurance. Entre les recensements de 2001 et 2011, la population chrétienne a connu une croissance saine de 15.5%.¹⁵ Plus important encore, la recherche montre que la part des chrétiens dans la population indienne est restée remarquablement stable depuis plus de 70 ans, oscillant systématiquement entre 2,3% et 2,6% depuis le premier recensement en 1951.¹⁸ Cette stabilité est un témoignage puissant des racines profondes et de la résilience de notre communauté de foi à travers de nombreuses décennies de changement.
Cette stabilité factuelle contraste fortement avec le récit politique souvent entendu qui allègue que des conversions généralisées et agressives modifient le paysage démographique de l'Inde.²⁰ Les données ne soutiennent tout simplement pas cette peur. En fait, une enquête complète menée en 2021 par le Pew Research Center a révélé que le changement de religion, quel qu'il soit, est rare en Inde. Elle a révélé que seulement 0,4% des adultes indiens sont des convertis au christianisme, un chiffre qui est presque parfaitement équilibré par les 0,3% qui ont été élevés dans la foi chrétienne mais ne s'identifient plus comme tels.¹⁹ La même étude a révélé qu'une écrasante majorité de
94% des personnes élevées dans la foi chrétienne restent chrétiennes à l'âge adulte, un indicateur puissant de la force de la foi transmise par nos familles et nos églises.¹⁹ Cela nous donne la vérité pour contrer les faux récits ; la présence de l'Église n'est pas une menace démographique mais une partie stable et durable de la société diversifiée de l'Inde.
Au-delà du recensement : sommes-nous plus nombreux ?
Bien que les chiffres officiels fournissent une base solide, beaucoup dans notre communauté ont le sentiment pastoral que la famille de Dieu en Inde pourrait être encore plus grande que ce que le recensement peut compter. Ce sentiment est soutenu par la réalité des « crypto-chrétiens » — des frères et sœurs bien-aimés qui, pour diverses raisons, peuvent ne pas déclarer publiquement leur foi. Certains peuvent craindre la persécution, l'ostracisme social ou la perte d'avantages gouvernementaux refusés aux chrétiens issus des castes répertoriées ou des tribus répertoriées.²
Ce n'est pas seulement un sentiment ; certains organismes de recherche indépendants suggèrent également que le nombre de chrétiens en Inde pourrait être sous-estimé. Des sources comme la World Religion Database et le ministère mondial Open Doors ont fourni des estimations plus élevées, suggérant que la population chrétienne pourrait être plus proche de 4,8% ou 5% du total, ce qui signifierait une communauté de plus de 70 millions de croyants.²³ Bien que nous ne connaissions peut-être jamais le nombre exact de ce côté de l'éternité, nous pouvons prendre courage. Ces chiffres nous rappellent que l'œuvre du Saint-Esprit ne peut être confinée aux statistiques. De nombreux cœurs ont été touchés par l'amour du Christ d'une manière que les enquêtes officielles ne peuvent capturer, et notre famille dans la foi est probablement plus grande et plus répandue que nous ne pouvons l'imaginer.

Où en Inde la communauté chrétienne est-elle la plus florissante ?
La foi chrétienne en Inde n'est pas répartie uniformément dans tout le pays, mais est concentrée dans des régions spécifiques où ses racines sont profondes et son témoignage particulièrement fort. L'histoire de la géographie de notre communauté est le récit de deux centres de foi distincts et vibrants : les anciens cœurs chrétiens du Sud et les États dynamiques à majorité tribale du Nord-Est.
Nos cœurs du Sud
Le sud de l'Inde est le berceau historique du christianisme dans notre nation, où la foi a pris racine pour la première fois grâce au ministère de saint Thomas. Aujourd'hui, il reste le foyer du plus grand nombre de croyants. Près des deux tiers (environ 65%) de tous les chrétiens indiens résident dans les États du sud.²
- Kerala : En tant que lieu de débarquement de saint Thomas, le Kerala est l'épicentre du christianisme indien. Il possède la plus grande population chrétienne de tous les États en chiffres absolus, avec 6,1 millions de fidèles. Cette communauté dynamique représente une part majeure 18.4% de la population totale de l'État.²
- Tamil Nadu : Notre État voisin, le Tamil Nadu, abrite la deuxième plus grande communauté chrétienne, avec 4,4 millions de croyants. Ici, la foi a connu une croissance importante en nombre, et le tombeau de saint Thomas à Chennai continue d'être un puissant centre spirituel.¹⁸
- Goa : Avec son héritage chrétien unique façonné par des siècles d'influence portugaise, Goa possède une identité chrétienne marquée. Bien qu'elle ne soit plus majoritairement chrétienne comme au XIXe siècle, les croyants constituent toujours une part substantielle 25.1% de la population de l'État, et ses magnifiques églises ainsi que ses festivals catholiques dynamiques sont une partie précieuse du paysage culturel indien.¹⁸
La foi vibrante du Nord-Est
Bien que le Sud détienne nos racines anciennes, le Nord-Est raconte une histoire puissante sur la façon dont l'Évangile a transformé des communautés entières à une époque plus récente. Dans cette région, le christianisme n'est pas une foi minoritaire ; dans plusieurs États, c'est la religion chérie de la majorité, en particulier parmi les fiers peuples tribaux qui ont embrassé le message du Christ avec un zèle incroyable.²
- Nagaland : Cet État constitue un témoignage puissant de la force de la foi, avec une écrasante 87.9% de sa population étant chrétienne.²
- Mizoram : De même, le Mizoram est une terre où les valeurs chrétiennes façonnent la vie publique, avec 87.2% de la population suivant le Christ.²
- Meghalaya : Au Meghalaya, la « demeure des nuages », la lumière du Christ brille intensément, avec 74.6% de la population s'identifiant comme chrétienne.²
- Manipur et Arunachal Pradesh : Dans ces États, la communauté chrétienne est le plus grand groupe religieux, formant une pluralité de 41.3% et 30.3% respectivement. La foi y est dynamique et en pleine croissance, une source d'espoir et de force pour le peuple.²
La « ceinture tribale » et les communautés dispersées
Au-delà de ces deux centres majeurs, la foi a également pris racine dans la « ceinture tribale » qui s'étend à travers l'Inde centrale, dans des États comme le Jharkhand et le Chhattisgarh, où l'Évangile a apporté espoir et dignité aux communautés Adivasi.²⁸ Dans d'autres parties de l'Inde, les chrétiens sont plus dispersés. Pourtant, même là où nous ne représentons qu'un faible pourcentage de la population, notre présence est majeure. Au Bengale occidental, par exemple, les chrétiens sont plus d'un demi-million, contribuant à la vie de l'État.³⁰
La géographie de notre foi est profondément liée à l'histoire du cœur de Dieu pour les marginalisés. Le message évangélique d'égalité, de dignité et d'amour a résonné le plus puissamment auprès des communautés qui ont historiquement fait face à l'oppression, telles que les Dalits et les peuples tribaux du Nord-Est et de l'Inde centrale.²² La carte du christianisme indien est, à bien des égards, une carte de libération sociale et spirituelle. C'est un bel accomplissement de la promesse biblique selon laquelle Dieu élève les humbles et annonce la bonne nouvelle aux pauvres, une vérité qui devrait remplir nos cœurs de gratitude et de détermination.
| État | Population chrétienne (2011) | Pourcentage de la population de l'État | Statut |
|---|---|---|---|
| Nagaland | 1,739,651 | 87.9% | Majorité |
| Mizoram | 956,331 | 87.2% | Majorité |
| Meghalaya | 2,213,027 | 74.6% | Majorité |
| Manipur | 1,179,043 | 41.3% | Pluralité |
| Arunachal Pradesh | 418,732 | 30.3% | Minorité significative |
| Goa | 366,130 | 25.1% | Minorité significative |
| Kerala | 6,141,269 | 18.4% | Minorité significative |
| Tamil Nadu | 4,418,331 | 6.1% | Minorité |
Source : Recensement de l'Inde de 2011 2

À quoi ressemble la belle diversité de notre famille chrétienne en Inde ?
La famille de Dieu en Inde n'est pas un monolithe ; c'est une histoire incroyablement belle et diversifiée, tissée à partir de nombreux fils différents d'histoire, de tradition et de culte. Il n'y a pas de confession majoritaire unique, ce qui témoigne des nombreuses façons dont l'Esprit Saint a agi à travers notre terre.²² Cette diversité n'est pas un signe de division, mais un reflet de la richesse de notre héritage partagé dans le Christ.
L'Église catholique : la plus grande communauté unique
L'Église catholique est le plus grand corps chrétien en Inde, avec une communauté fidèle comptant entre 17 et 23 millions de personnes, selon la source et l'année de l'estimation.²⁸ Ce qui rend la présence catholique si unique, c'est sa propre diversité interne, comprenant trois rites distincts et anciens :
- Le rite latin : C'est la plus grande communauté au sein de l'Église catholique en Inde, dont l'héritage remonte à l'arrivée des missionnaires occidentaux, notamment du Portugal, à partir du XVIe siècle. C'est une église dynamique avec 132 diocèses à travers le pays.²
- L'Église syro-malabare : Cette ancienne Église catholique orientale est un descendant spirituel direct des chrétiens de saint Thomas. C'est une grande fierté que l'Église syro-malabare soit la deuxième plus grande Église catholique orientale au monde, avec une communauté mondiale d'environ 4,5 millions de fidèles.³⁷
- L'Église catholique syro-malankare : Également issue de la tradition des chrétiens de saint Thomas, cette Église catholique orientale est un autre joyau précieux de notre couronne chrétienne indienne, avec une communauté d'environ un demi-million de membres.⁴⁰
La famille protestante : une histoire d'union et de croissance
La famille protestante en Inde est une communauté dynamique et en pleine croissance, avec des estimations de taille allant de 11 à 20 millions de croyants.²⁸ Son histoire en Inde est marquée par un puissant esprit d'œcuménisme et un désir d'unité.
- L'Église de l'Inde du Sud (CSI) et l'Église de l'Inde du Nord (CNI) : Ces deux églises représentent l'une des plus grandes histoires d'unité chrétienne du XXe siècle, non seulement en Inde mais dans le monde entier. La CSI, formée en 1947, fut une union historique et pionnière des traditions anglicane, méthodiste, presbytérienne et congrégationaliste. C'est aujourd'hui la deuxième plus grande église en Inde, avec environ 4,5 millions membres.² Suivant son exemple, l'
CNI a été formée en 1970, rassemblant six dénominations différentes. Elle est fortement présente dans le Nord avec environ 2 millions de membres.⁴⁴ Dans un pays souvent marqué par la division, ces églises unies constituent un puissant témoignage de la prière de notre Seigneur « afin qu'ils soient tous un » (Jean 17:21).
- Autres groupes protestants majeurs : Au-delà de ces églises unies, la famille protestante est bénie par de nombreuses autres communautés dynamiques. Les baptistes ont une présence particulièrement forte, surtout dans le Nord-Est, avec une communauté d'environ 3 millions de personnes.⁸
Le pentecôtisme est l'un des mouvements à la croissance la plus rapide, se propageant avec un grand zèle tant dans le Nord que dans le Sud de l'Inde. Des dénominations indigènes comme l' India Pentecostal Church of God (IPC) sont florissantes.⁴¹ Nous sommes également bénis par le témoignage fidèle des communautés
luthériennes, Méthodiste, et et des Frères , comptant chacune des centaines de milliers de membres ou plus.¹⁸
La tradition orthodoxe : ancienne et inébranlable
Nous devons également honorer nos frères et sœurs des églises orthodoxes orientales, telles que l'Église syrienne orthodoxe malankare et l'Église syrienne orthodoxe jacobite.⁴ Comme les églises catholiques orientales, elles tracent elles aussi leur lignée directement jusqu'à saint Thomas et préservent certaines des traditions liturgiques les plus anciennes de toute la chrétienté, nous reliant aux premiers siècles de notre foi.
Ce riche paysage confessionnel reflète toute l'histoire du christianisme lui-même. Notre famille en Inde possède des racines anciennes, précoloniales, au Moyen-Orient (les traditions syriaques), des liens profonds avec l'histoire de l'Église universelle à travers les missions européennes (catholiques et protestantes), et des mouvements modernes et dynamiques nés et nourris sur le sol indien (le pentecôtisme indigène). Cela montre que notre foi n'est pas un produit d'importation monolithique venant d'un seul endroit, mais une confluence dynamique d'histoire mondiale et d'adaptation locale, ce qui la rend à la fois universellement chrétienne et uniquement indienne.
| Famille confessionnelle | Églises clés | Nombre estimé d'adhérents | Fait marquant / Héritage |
|---|---|---|---|
| Église catholique | Rite latin, Syro-malabare, Syro-malankare | 17 – 23 millions | Le plus grand corps chrétien unique en Inde, comprenant trois rites distincts. |
| Église de l'Inde du Sud (CSI) | – | 4 – 4,5 millions | Une union œcuménique historique d'églises protestantes formée en 1947. |
| Églises baptistes | Diverses conventions | ~3 millions | Un groupe protestant majeur, particulièrement fort dans le Nord-Est. |
| Église de l'Inde du Nord (CNI) | – | 1,25 – 2,2 millions | Une union de 1970 de six dénominations protestantes en Inde du Nord. |
| Églises pentecôtistes | India Pentecostal Church of God (IPC), Assemblées de Dieu | ~16 millions | Un mouvement dynamique et en croissance rapide à travers l'Inde. |
| Orthodoxes orientaux | Église syrienne orthodoxe malankare, Église jacobite | ~4,7 millions | Églises anciennes traçant leur lignée directement jusqu'à saint Thomas. |
Sources : 8

Comment notre foi a-t-elle été une bénédiction pour la nation indienne ?
Notre Seigneur Jésus a appelé ses disciples à être « le sel de la terre » et « la lumière du monde », un peuple dont les bonnes œuvres apporteraient la gloire à notre Père céleste (Matthieu 5:13-16). L'histoire de la communauté chrétienne en Inde est un beau témoignage de cet appel. Bien que peu nombreuse, la contribution de notre communauté à la construction de la nation indienne a été immense, un héritage de service désintéressé offert à tous, indépendamment de la caste ou de la croyance, comme un témoignage vivant de l'amour du Christ.⁴⁷
Pionniers de l'éducation pour tous
L'un des plus grands dons que la communauté chrétienne a faits à l'Inde se situe dans le domaine de l'éducation. Les missionnaires chrétiens ont été des pionniers, introduisant le système éducatif moderne non pas simplement comme un outil d'évangélisation, mais comme un moyen d'élever et d'autonomiser toute la société.² Ils ont établi certaines des toutes premières écoles, collèges et universités dans de nombreuses régions du pays.⁸
Ce travail était, à son époque, un acte radical de justice sociale. Dans une société où l'éducation était souvent le privilège de quelques-uns, les institutions chrétiennes ont ouvert leurs portes à ceux à qui l'on avait refusé la chance d'apprendre pendant des siècles, en particulier les femmes, les Dalits et les communautés tribales.²⁹ Cet engagement à éduquer les marginalisés a eu un effet transformateur sur notre nation. L'héritage de ce service est visible aujourd'hui dans certaines des institutions éducatives les plus prestigieuses de l'Inde, telles que le St. Xavier’s College à Mumbai et le Loyola College à Chennai, qui ont été fondés par des missions chrétiennes et continuent d'établir une norme d'excellence.⁸
L'ampleur même de cette contribution est époustouflante. Un rapport de 2020 notait l'existence de plus de 54 000 écoles chrétiennes en Inde.⁴⁹ L'Église catholique seule gère des milliers d'institutions éducatives 50, bien que l'Église de l'Inde du Sud gère plus de 2 000 écoles et 38 collèges 43, et l'Église de l'Inde du Nord gère 250 autres institutions.⁴⁴ L'impact à long terme de ce service est clair : des études universitaires ont montré que la présence historique des missions chrétiennes est fortement liée à des taux d'alphabétisation plus élevés aujourd'hui, en particulier pour les femmes et les communautés de castes inférieures.²⁹ C'est une source de fierté discrète que, en tant que communauté, les chrétiens aient le deuxième taux d'alphabétisation le plus élevé parmi tous les groupes religieux en Inde.¹⁶
Fondations des soins de santé modernes
Dans le même esprit de service, les missions chrétiennes ont joué un rôle déterminant dans l'apport de la médecine scientifique moderne aux gens ordinaires de l'Inde.⁵² À une époque où les soins de santé étaient rares et souvent inaccessibles aux pauvres, nos ancêtres spirituels ont construit des hôpitaux et des dispensaires dans les régions les plus reculées, considérant la guérison du corps comme une partie intégrante de leur témoignage de l'amour du Christ.⁵²
Cet héritage est incarné dans les histoires héroïques de pionnières comme Dr Ida Scudder, dont la clinique de bord de route pour femmes est devenue le Christian Medical College (CMC) de renommée mondiale à Vellore, et Dr Edith Brown, qui a fondé une institution similaire à Ludhiana.⁵³ Ces grands hôpitaux, et beaucoup d'autres comme eux, sont des monuments de compassion qui servent des millions de personnes chaque année.
Les chrétiens ont joué un rôle fondamental dans l'établissement de la profession infirmière moderne en Inde. Ils ont surmonté avec amour et patience des préjugés culturels et de caste profondément enracinés pour former une nouvelle génération d'infirmières indiennes, en particulier des femmes, en leur inculquant une éthique de service désintéressé et de dévouement.⁵⁴ Le « phénomène du Kerala », où la grande valeur accordée à l'éducation des femmes par la communauté chrétienne a conduit un grand nombre de femmes de l'État à devenir des infirmières servant à travers l'Inde et le monde, est un exemple puissant de cet héritage.⁵⁴
Aujourd'hui, ce réseau de soins continue d'être une partie vitale du système de santé indien. Le réseau de la Catholic Health Association of India (CHAI) sert à lui seul plus de 21 millions de patients annuellement, bien que l'Association médicale chrétienne de l'Inde (CMAI), affiliée au protestantisme, comprenne des centaines d'hôpitaux et des milliers de professionnels de santé dévoués.⁵⁵ Ces organisations confessionnelles sont une bouée de sauvetage pour les pauvres, comblant des lacunes critiques dans le système public et fournissant des soins abordables et empreints de compassion à ceux qui en ont le plus besoin.⁵⁵ Ce service est un Évangile vivant, une expression tangible de notre foi qui démontre l'amour du Grand Médecin, Jésus-Christ.

Quelle est la vision de l'Église catholique pour son troupeau en Inde ?
En tant que plus grande communauté chrétienne unique de notre nation, l'Église catholique en Inde a une vision profonde et mûrie dans la prière pour sa vie et sa mission. Cette vision, articulée à travers les déclarations et les plans pastoraux de la Conférence des évêques catholiques de l'Inde (CBCI), qui représente les trois rites catholiques, est celle d'une Église dynamique, participative et axée sur la justice, profondément engagée dans la vie de la nation.
Identité fondamentale : Une « communion de communautés »
Au cœur de la vision catholique pour l'Inde se trouve le rêve d'être une « communion de communautés ».⁵⁶ Il s'agit d'un changement pastoral qui s'éloigne du modèle des grandes paroisses, souvent anonymes, vers la création et le développement de
Petites communautés chrétiennes (PCC).⁵⁶ Ces petits groupes de quartier sont considérés comme la structure fondamentale de l'Église.
L'objectif est de bâtir ces communautés sur les deux piliers que sont la Parole de Dieu et l'Eucharistie. Dans ces PCC, les fidèles peuvent tisser des liens humains authentiques, étudier les Écritures ensemble, prier les uns pour les autres et planifier des moyens de servir leurs communautés locales. Cette vision donne à tout le peuple de Dieu — évêques, prêtres, religieuses et religieux, hommes et femmes laïcs — les moyens de devenir des disciples actifs qui partagent la responsabilité de la mission de l'Église.⁴⁷ C'est une vision pour une Église où chaque membre se sent à sa place et a un rôle à jouer.
La mission d'évangélisation et de service
L'Église comprend l'évangélisation comme son devoir le plus essentiel : « apporter la Bonne Nouvelle de Jésus dans tous les domaines de l'humanité et, par son impact, transformer la société de l'intérieur ».⁴⁷ Cette mission a deux dimensions indissociables. La première est la proclamation — le partage joyeux de la foi chrétienne avec l'intention d'appeler les gens à une relation personnelle avec Jésus-Christ comme leur Sauveur. La seconde est le service — l'expression tangible de l'amour du Christ à travers le vaste réseau de ministères éducatifs, de santé et de promotion sociale de l'Église.⁴⁷
Les évêques enseignent que cette mission doit être accomplie par une vie de sainteté, car « un feu ne peut être allumé que par quelque chose qui est lui-même en feu ».⁴⁷ Elle exige également un profond respect pour la culture indienne, cherchant à incarner le message du Christ de manière à résonner avec le cœur des gens. Les milliers d'écoles et d'hôpitaux gérés par l'Église ne sont pas considérés comme séparés de cette mission, mais comme une partie essentielle de son rôle évangélisateur, servant tous les peuples sans distinction et témoignant des valeurs évangéliques de compassion, de justice et d'amour.⁴⁷
Une Église pour les pauvres et les marginalisés
Un thème puissant et constant dans la vision de l'Église catholique est son engagement fort en faveur de la justice sociale et son désir d'être une « Église des pauvres ».⁵⁸ Dans leurs déclarations officielles, les évêques expriment une profonde solidarité avec les luttes du peuple indien et un désir pour une nation qui soit à la hauteur de ses idéaux fondateurs de justice, de liberté et d'égalité pour tous.⁵⁸
La direction de l'Église a choisi d'être une voix prophétique, s'élevant clairement contre la « trahison des pauvres et des marginalisés, des tribaux, des dalits et des autres classes défavorisées ».⁵⁸ Il existe un engagement particulier à lutter pour les droits des chrétiens dalits, qui souffrent de la double peine de la discrimination de caste dans la société et du refus des avantages gouvernementaux accordés aux dalits d'autres confessions. Cette résolution de se tenir aux côtés des opprimés n'est pas une stratégie politique, mais un impératif spirituel, enraciné dans la conviction que « l'expérience de Dieu nous conduira à l'implication et à la solidarité avec les marginalisés ».⁵⁸
Le plan pastoral « Mission 2033 » : Un cheminement synodal
Cette vision a reçu un nouvel élan grâce à la dernière initiative majeure de l'Église : un nouveau plan pastoral national intitulé « En chemin vers une Église synodale : Mission 2033 ».⁵⁹ Ce plan est le fruit d'un processus sans précédent d'écoute et de discernement d'un an, impliquant plus de 5 000 catholiques de tous horizons à travers l'Inde. Ensemble, ils ont cherché à répondre à la question fondamentale : « Où Dieu appelle-t-il l'Église à être d'ici 2033 ? ».⁵⁹
Les principes directeurs de ce nouveau plan sont Communion, Participation et Mission. Cela reflète le mouvement de l'Église catholique mondiale vers une plus grande « synodalité » — une Église qui marche ensemble, avec le clergé et les laïcs collaborant dans un esprit de responsabilité partagée pour sa mission.⁵⁹ Ce plan est une feuille de route pour l'avenir, appelant chaque catholique en Inde à « sortir de ses zones de confort et à prendre de nouvelles directions » pour vivre sa foi avec une vigueur et une unité renouvelées.⁶²

Quelles épreuves et persécutions nos frères et sœurs affrontent-ils aujourd'hui ?
Alors que nous célébrons les racines profondes et la vie vibrante de notre foi en Inde, nous devons également marcher avec une solidarité solennelle aux côtés de nos frères et sœurs qui font face à des épreuves et à la persécution. C'est une réalité douloureuse que, dans de nombreuses régions de notre pays, suivre le Christ a un prix élevé. Pourtant, dans cette souffrance, nous ne sommes pas appelés au désespoir, mais à une foi plus profonde, à une prière plus fervente et à un témoignage courageux, en nous confiant dans la promesse de notre Seigneur, qui a dit : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Matthieu 28:20).
La montée de la violence
Les preuves sont claires et déchirantes : ces dernières années, il y a eu une augmentation spectaculaire et alarmante de la violence contre la communauté chrétienne. Les rapports de groupes de surveillance respectés comme le United Christian Forum (UCF) et l'Evangelical Fellowship of India (EFI) dressent un tableau qui donne à réfléchir.⁶³
- Le United Christian Forum a documenté 731 incidents violents contre des chrétiens en 2023. Il s'agit d'une augmentation stupéfiante par rapport aux 599 incidents de 2022, et d'un bond de plus de cinq fois par rapport aux 147 incidents enregistrés en 2014.²⁴
- Un autre rapport de l'EFI a cité 840 incidents en 2024, ce qui signifie qu'en moyenne, au moins deux de nos églises ou communautés font face à une attaque quelque part en Inde chaque jour.⁶⁴
- Cette vague d'hostilité est généralisée. Alors que des États comme l'Uttar Pradesh et et le Chhattisgarh sont devenus des points chauds de la persécution, des incidents ont été enregistrés dans au moins 21 États à travers la nation.²⁴
| Année | Incidents de violence signalés |
|---|---|
| 2014 | 147 |
| 2018 | 292 |
| 2021 | 505 |
| 2022 | 599 |
| 2023 | 731 |
| 2024 | 840 |
Source : United Christian Forum (UCF), Evangelical Fellowship of India (EFI)²⁴
Les racines idéologiques de l'hostilité
Cette montée de la violence n'est pas aléatoire. Elle est alimentée par une idéologie politique connue sous le nom de Hindutva, ou nationalisme hindou, qui est promue par un réseau d'organisations extrémistes.⁶⁸ Cette idéologie prétend faussement et dangereusement que pour être vraiment indien, il faut être hindou. Elle considère les autres confessions, en particulier le christianisme et l'islam, comme « étrangères » et cherche à « nettoyer » la nation de leur présence.²⁰
Ce récit cible délibérément les chrétiens avec une propagande mensongère, les accusant de détruire la culture indienne et d'utiliser leurs écoles et hôpitaux comme un moyen trompeur de « conversions forcées ».¹⁴ Cette rhétorique haineuse incite à la peur et à la suspicion, créant un climat où la violence contre notre communauté est perçue par certains comme justifiée.
L'instrumentalisation de la loi
L'un des outils les plus insidieux utilisés pour persécuter les chrétiens aujourd'hui est le détournement des « lois sur la liberté de religion » au niveau des États, plus communément appelées lois anti-conversion.²⁵ Ces lois, qui sont désormais en vigueur dans environ 12 États, sont présentées comme des mesures visant à empêcher les conversions par la « force, la fraude ou l'incitation ». En pratique, leurs définitions vagues et larges sont instrumentalisées pour harceler et intimider notre communauté.⁸
En vertu de ces lois, les actes les plus innocents de charité et de témoignage chrétiens peuvent être transformés en crimes. Prier pour une personne malade, organiser une réunion de prière dans une maison, distribuer des Bibles ou même diriger un programme pour enfants peut être signalé comme une « incitation » illégale.⁷² Les pasteurs et les croyants laïcs sont fréquemment arrêtés sur la base de fausses accusations, souvent portées par des foules extrémistes. Dans une grave injustice, la charge de la preuve est souvent placée sur les chrétiens accusés, qui doivent d'une manière ou d'une autre prouver leur innocence.⁶⁴
Les multiples visages de la persécution
La souffrance de notre communauté prend de nombreuses formes :
- Violence de foule : Des foules extrémistes prennent fréquemment d'assaut des services de culte pacifiques, attaquant les pasteurs et les croyants, souvent avec une force brutale.⁷⁴
- Destruction de lieux saints : Nos églises, nos écoles et nos maisons sont vandalisées et incendiées. La violence tragique au Manipur en 2023, où des centaines d'églises ont été profanées et détruites, en est un exemple douloureux et récent.²⁴
- Violence physique et sexuelle : Les croyants font face à des passages à tabac et, dans les cas les plus tragiques, au meurtre. Les femmes sont particulièrement vulnérables aux agressions sexuelles, une tactique odieuse utilisée pour humilier et terroriser les familles et les communautés.²⁵
- Boycott social : Dans de nombreux villages, ceux qui se convertissent au christianisme sont traités comme des parias. Ils sont excommuniés de leurs communautés, privés d'accès aux puits du village et à d'autres ressources communes, et parfois, dans un dernier acte de cruauté, privés du droit d'enterrer leurs morts selon les rites chrétiens.⁶⁵
- Inaction et complicité de l'État : Peut-être plus inquiétant encore, les autorités qui sont censées protéger tous les citoyens ne parviennent souvent pas à agir. Il existe de nombreux rapports faisant état de policiers restant passifs pendant que des foules attaquent des chrétiens, ou pire encore, arrêtant les victimes chrétiennes sur la base de fausses accusations tout en laissant les agresseurs libres.⁶³
Cette réalité, où la loi est utilisée comme une épée plutôt que comme un bouclier, crée une atmosphère de peur omniprésente. C'est une injustice puissante lorsque nos frères et sœurs ne peuvent pas compter sur l'État de droit pour leur protection. C'est pour eux, et pour l'âme de notre nation, que nous devons élever nos voix dans la prière et le plaidoyer.

Comment notre foi transparaît-elle dans notre culture indienne unique ?
Face aux récits qui cherchent à dépeindre notre foi comme « étrangère », il est plus important que jamais de célébrer les manières belles et puissantes dont le christianisme est devenu véritablement indien.¹⁴ Notre foi n'est pas une importation occidentale ; c'est une religion ancienne qui respire l'air indien, parle les langues indiennes et chante des mélodies indiennes depuis deux millénaires. L'histoire du christianisme en Inde est un exemple magnifique de la façon dont la vérité universelle de l'Évangile peut prendre racine et s'épanouir dans une culture locale, créant une foi qui est à la fois pleinement chrétienne et pleinement indienne.¹²
Le processus sacré de l'inculturation
Ce magnifique mélange de foi et de culture est connu sous le nom de inculturation. C'est le processus par lequel le message de l'Évangile pénètre une culture, honore ce qui est bon et vrai en elle, et s'exprime à travers les traditions, les symboles et les langues locales.⁷⁶ Il ne s'agit pas de compromettre notre foi, mais de lui permettre de s'exprimer d'une voix qui puisse être comprise et adoptée par les habitants d'une terre particulière.
Les chrétiens de Saint-Thomas du Kerala sont l'exemple le plus ancien et le plus puissant de ce processus. Pendant des siècles, ils ont vécu comme une partie intégrante de leur société, adoptant de nombreuses coutumes locales tout en restant fermement attachés à leur foi chrétienne.¹ Cette intégration profonde leur a permis d'être perçus non pas comme les adeptes d'une croyance étrangère, mais comme une communauté respectée et chérie au sein du paysage spirituel diversifié de l'Inde.
Expressions d'une identité chrétienne indienne
Aujourd'hui, cette inculturation dynamique est visible tout autour de nous, dans les nombreuses façons dont notre communauté exprime son amour pour le Christ :
- Culte et musique : Dans beaucoup de nos églises, le message intemporel de l'Évangile est porté par les mélodies d'instruments indiens comme le tabla et l'harmonium. Nous chantons des bhajans et kirtans (chants dévotionnels) qui louent le nom de Jésus dans nos propres idiomes musicaux. Dans certains ashrams chrétiens, la sainte messe commence même par le son sacré « Om », reconnu comme un symbole du divin dans la pensée indienne.²⁸
- Festivals et coutumes : Nos communautés participent joyeusement à la vie culturelle de notre nation. De nombreux chrétiens célèbrent des fêtes indiennes comme Diwali avec des lumières et des sucreries, y voyant une célébration de la victoire de la lumière sur les ténèbres, un thème qui résonne profondément avec notre foi.⁸ Nos cérémonies de mariage mélangent souvent des principes bibliques avec de belles traditions indiennes. Une mariée chrétienne peut porter un sari rouge éclatant, couleur de fête en Inde, au lieu du blanc, qui est traditionnellement une couleur de deuil.⁷⁷
- Art et architecture : Nos églises ne sont pas de simples copies de cathédrales occidentales. Beaucoup intègrent des styles architecturaux et des motifs artistiques distinctement indiens, créant des espaces sacrés qui semblent à la fois saints et profondément liés à notre patrie.⁸
- Théologie et pensée : Nos théologiens et penseurs cherchent depuis longtemps à comprendre et à exprimer les vérités puissantes de notre foi en utilisant les riches concepts philosophiques et les catégories de la pensée indienne, rendant l'Évangile plus accessible et plus résonnant pour notre peuple.⁷⁶
Ce processus d'inculturation est une partie vitale de notre témoignage. En exprimant notre foi de manière authentiquement indienne, nous controns directement le faux récit selon lequel être chrétien signifie être moins indien. Cela construit un pont de compréhension vers nos voisins et montre qu'embrasser le Christ ne signifie pas rejeter notre précieux héritage culturel.
Le défi pastoral du syncrétisme
Cet engagement profond avec la culture présente également un défi pastoral : nous devons veiller à distinguer une inculturation saine du syncrétisme, qui est le mélange de croyances et de pratiques incompatibles avec l'Évangile.⁸ Une étude complète du Pew Research Center a révélé qu'un certain nombre de chrétiens indiens détiennent des croyances plus enracinées dans d'autres traditions religieuses indiennes que dans la Bible. Par exemple, 54% ont déclaré croire au karma, 29% à la réincarnation et 32% au pouvoir purificateur du fleuve Gange.⁸
Nous devrions aborder ce constat non pas avec jugement, mais avec un amour pastoral et un engagement envers un discipulat plus profond. Cela nous rappelle que nous tous, vivant dans une terre spirituellement diversifiée, sommes en cheminement de foi. Cela souligne le rôle crucial de nos églises et de nos pasteurs dans l'enseignement de l'unicité magnifique de l'Évangile de Jésus-Christ, aidant tous les croyants à grandir dans leur compréhension et à vivre des vies pleinement soumises à Lui, tout en restant confiants et enracinés dans leur identité indienne.

Quelles sont les histoires puissantes de foi et de courage de notre communauté ?
Au-delà des statistiques et des faits historiques, la véritable histoire du christianisme en Inde est écrite dans la vie de ses habitants. C'est dans les témoignages personnels et puissants de nos frères et sœurs que nous voyons les faits de notre foi prendre vie. Ces histoires de conversion miraculeuse, de témoignage courageux et de discipulat coûteux sont le cœur de notre communauté, offrant une inspiration et un encouragement puissants pour notre propre cheminement de foi.
Histoires de conversion miraculeuse et de guérison
Dans d'innombrables villages et villes à travers l'Inde, le chemin vers la foi commence souvent par une expérience puissante du pouvoir de guérison et de délivrance de Dieu. Dans des moments de désespoir, alors que tout autre espoir est perdu, les gens rencontrent le Christ vivant.
- Considérez l'histoire de Jaya, un homme qui a grandi dans la maison d'un prêtre hindou. Il était tellement tourmenté par une présence démoniaque qu'il a décidé de mettre fin à ses jours. Mais alors qu'il se tenait sur un pont, prêt à sauter, il a eu une vision d'un homme habillé en berger qui lui a dit d'aller à l'église. Il a obéi, et là, il a trouvé une délivrance complète et une nouvelle vie en Christ.⁷⁸
- Ou pensez à Laxman, un homme hindou dévot qui a vu sa femme souffrir d'une terrible maladie. Après avoir tout essayé, il a accepté à contrecœur que des chrétiens prient pour elle. Lorsqu'elle a été miraculeusement guérie, le cœur de Laxman s'est ouvert. Il a cru au Dieu qui répond à la prière et dirige maintenant une congrégation, son propre ministère étant béni par le don de guérison.⁷⁹
- L'histoire de Raman est également un témoignage de la touche guérisseuse de Dieu. Enfant, il était affligé d'une maladie mystérieuse et tourmenté par des voix maléfiques, au point d'être enchaîné pour sa propre sécurité. Lorsque sa mère l'a emmené voir des chrétiens qui ont prié pour lui, il a été complètement guéri. Des années plus tard, après avoir survécu à un accident presque mortel grâce aux prières des fidèles, Raman a pleinement engagé sa vie à Jésus et est maintenant pasteur, déterminé à implanter 100 nouvelles églises.⁸⁰
Ces histoires révèlent une vérité puissante sur la propagation de l'Évangile au niveau local en Inde. Ce ne sont souvent pas des arguments théologiques abstraits, mais l'expérience tangible et vécue du pouvoir de Dieu à guérir et à restaurer dans les moments de besoin désespéré qui ouvre les cœurs au message de Jésus.
Histoires de fidélité au milieu de la persécution
Choisir le Christ dans de nombreuses régions de l'Inde aujourd'hui, c'est choisir un chemin de souffrance. Pourtant, face à la persécution, la foi de nos frères et sœurs n'est pas éteinte ; elle est affinée comme l'or dans le feu.
- Pasteur Solomon, fils d'un prêtre hindou, a trouvé Jésus après le suicide tragique de son père. En tant que pasteur lui-même, il a été battu et menacé par des extrémistes qui exigeaient qu'il quitte son village. Pourtant, il persiste avec amour dans son ministère, refusant d'abandonner le troupeau que Dieu lui a confié.⁷⁸
- Mehr, une jeune femme d'une vingtaine d'années, a été brutalement attaquée par une foule pour sa foi. Lorsqu'elle est arrivée à l'hôpital, on lui a refusé un traitement approprié parce qu'elle était chrétienne. Malgré ce traumatisme inimaginable, sa foi reste inébranlable. Elle prie pour ses persécuteurs et croit que Dieu utilisera son témoignage pour Sa gloire.⁸¹
- Sameera a trouvé la paix face à sa maladie et à sa vie familiale abusive dans la joie de l'église. Lorsque son mari et sa communauté se sont retournés contre elle, elle a été forcée de quitter son foyer avec ses deux jeunes fils. N'ayant que sa foi, elle a fait confiance à Dieu. Il a pourvu à ses besoins, et aujourd'hui, elle est évangéliste à plein temps et une guerrière de prière connue dans sa communauté.⁸²
Histoires de discipulat coûteux
La décision de suivre Jésus exige parfois le sacrifice ultime, forçant les croyants à choisir entre le Christ et le confort de la famille et du foyer.
- Sati, une femme qui a grandi dans une famille hindoue, a trouvé la paix en Christ après avoir fréquenté l'église avec ses amis. Sa nouvelle foi n'a pas été acceptée par son village. Le conseil du village lui a donné un ultimatum : renoncer à Jésus ou être bannie. Avec sa fille à ses côtés, Sati a choisi le Christ. Elle a été forcée de quitter son village, sa maison, et même son mari et ses fils, qui sont restés derrière. Bien qu'elle manque cruellement à sa famille, elle dit : « Je suis en paix parce que je connais le Dieu vivant et vrai ».⁸³
- L'histoire de la famille Purty est une histoire de douleur presque insupportable et de persévérance incroyable. Le pasteur Chamu Hassa Purty a été assassiné chez lui par des extrémistes. Des années plus tard, les tireurs sont revenus, cherchant à faire taire le témoignage chrétien continu de la famille. Ils ont trouvé sa fille, Neelam, et lui ont tiré dessus, la laissant gravement blessée. Leur histoire est un rappel brutal de la réalité violente à laquelle beaucoup sont confrontés.⁸⁴
Ces histoires, bien que remplies de douleur, sont aussi remplies d'un espoir puissant. Elles montrent que là où la persécution est la plus féroce, la foi de l'Église grandit souvent le plus fort.⁷⁸ Le coût élevé du discipulat signifie que la décision de suivre le Christ n'est jamais prise à la légère. Elle forge une communauté de croyants avec une foi résiliente, éprouvée et puissante que les forces de ce monde ne peuvent vaincre.

Comment pouvons-nous, en tant que communauté, trouver l'espoir et la force pour le voyage à venir ?
Alors que nous avons parcouru l'histoire du christianisme en Inde — ses racines anciennes, sa diversité dynamique, son héritage de service et ses épreuves actuelles — nous restons avec un sentiment puissant de gratitude et un appel à l'espoir. Le chemin à parcourir n'est peut-être pas facile, mais nous ne le parcourons pas seuls. Nous le parcourons ensemble, en tant que communauté de foi, puisant notre force dans notre riche héritage et faisant confiance au Dieu qui a été fidèle à Son peuple en Inde depuis deux millénaires.
Puiser la force dans notre héritage
Trouver la joie dans notre service
Nous pouvons trouver une grande joie et un but dans notre identité en tant que communauté qui a été une bénédiction puissante pour la nation indienne. Notre héritage de service désintéressé dans l'éducation et la santé, offert à tous les Indiens sans distinction, est un témoignage puissant de l'amour du Christ.⁴⁷ Continuons à être « le sel et la lumière », une source de guérison et d'espoir pour notre société. Notre service est notre témoignage.
S'unir dans notre diversité
Dans un monde, et une nation, si souvent marqués par la division, la belle diversité de notre Église est un cadeau. Notre histoire d'œcuménisme, vue dans les grandes églises unies comme la CSI et la CNI, et notre appel continu à être une « communion de communautés », est un témoignage puissant de l'amour unificateur du Christ.⁴³ Notre force n'est pas dans l'uniformité, mais dans notre unité en Christ. Notre unité est notre force.
Un appel à la prière et à la solidarité
Les histoires de persécution sont un appel à nous mettre à genoux. Nous devons être un peuple de prière fervente — priant pour nos frères et sœurs qui souffrent, pour leur protection et leur persévérance. Nous devons aussi prier, comme notre Seigneur nous l'a enseigné, pour ceux qui nous persécutent, afin que leurs cœurs soient transformés par l'amour de Dieu. Et nous devons être solidaires des plus vulnérables parmi nous, en particulier les nouveaux convertis et ceux des communautés marginalisées qui portent la croix la plus lourde de la persécution.²⁵ Notre prière est notre pouvoir.
Vivre comme des pèlerins de l'espoir
Enfin, tournons-nous vers l'avenir avec courage et un espoir inébranlable. Les puissants témoignages de foi à travers notre pays nous montrent que Dieu est puissamment à l'œuvre. L'Église en Inde est vivante et dynamique. Notre voyage est celui de « pèlerins de l'espérance », comme les évêques catholiques nous ont appelés.⁶¹ Vivons notre foi avec amour, soyons des artisans de paix dans nos communautés, engageons-nous avec confiance dans notre culture et continuons d'être une source de guérison pour notre nation bien-aimée. Car le Dieu qui a commencé cette bonne œuvre en Inde par son apôtre Thomas la mènera sûrement à son terme jusqu'au jour du Christ Jésus.
