La Bible traite la paresse comme une faute qui coûte cher au paresseux et à ceux qui dépendent de lui. Les Proverbes renvoient le paresseux à la fourmi (6:6-11), et 2 Thessaloniciens 3:10 dit : « Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus. »
Le mot « paresseux » dans les Proverbes traduit l'hébreu atsel, lent ou paresseux. Dans Matthieu 25:26, le maître appelle le serviteur qui a enterré son talent okneros, paresseux, et Romains 12:11 utilise le même mot pour parler du zèle à servir le Seigneur. Hébreux 6:12 utilise nothros, lent, pour parler de la persévérance dans l'espérance jusqu'à la fin, et 2 Pierre 1:8 utilise argos, oisif, rendu par « inefficace » dans la version ESV, pour parler de la connaissance du Christ.
La fourmi, le dormeur et le champ négligé

Proverbes 6:6-8
« Va vers la fourmi, paresseux ; considère ses voies, et deviens sage. Elle n'a ni chef, ni surveillant, ni maître ; elle prépare en été sa nourriture, elle amasse pendant la moisson de quoi manger. »
Réflexion : Le chapitre s'ouvre sur un père disant à son fils qui s'est porté garant pour un voisin de ne donner « aucun sommeil » à ses yeux tant qu'il n'est pas libre (Proverbes 6:4). Les lignes suivantes se tournent vers le paresseux et le renvoient à la fourmi. La fourmi n'a ni chef, ni officier, ni maître, pourtant elle prépare son pain en été et rassemble sa nourriture pendant la moisson : elle travaille sans être poussée, et au bon moment. Les versets qui suivent demandent au paresseux : « Jusqu'à quand resteras-tu couché ? »

Proverbes 24:30-34
« J'ai passé près du champ d'un paresseux, près de la vigne d'un homme dépourvu de sens, et voici, il était tout envahi par les épines ; le sol était couvert d'orties, et son mur de pierre était écroulé. J'ai regardé et j'ai réfléchi ; j'ai observé et j'ai reçu l'instruction. Un peu de sommeil, un peu d'assoupissement, un peu croiser les mains pour se reposer, et la pauvreté viendra sur toi comme un rôdeur, et le besoin comme un homme armé. »
Réflexion : L'orateur décrit le fait de passer devant le champ et la vigne d'« un homme dépourvu de sens » et d'y trouver des épines, des orties et un mur de pierre effondré. Il s'arrête pour regarder : « J'ai regardé et j'ai réfléchi ; j'ai vu et j'ai reçu une instruction. » L'instruction qu'il en tire est le dicton qui suit également la fourmi dans Proverbes 6:10-11 : un peu de sommeil, et la pauvreté arrive « comme un rôdeur ». Quelques versets plus tôt, Proverbes 24:27 donne l'ordre du travail : « Prépare ton travail au dehors ; prépare tout pour toi dans le champ, et après cela, bâtis ta maison. »

Proverbes 20:4
« À cause du froid, le paresseux ne laboure pas ; à la moisson, il voudrait récolter, mais il n'y a rien. »
Réflexion : Le paresseux saute le labour en automne. La perte ne se voit qu'à la moisson, quand il va chercher une récolte et ne trouve rien.
Ce que coûte la paresse

Proverbes 10:4
« Une main lâche cause la pauvreté, mais la main des diligents enrichit. »
Réflexion : Le dicton appartient à la collection intitulée « Les proverbes de Salomon » (Proverbes 10:1). Il place la main lâche à côté de la main diligente et nomme le résultat de chacune. Le verset suivant l'applique à la ferme et à l'honneur de la famille : « Celui qui amasse en été est un fils prudent, mais celui qui dort pendant la moisson est un fils qui fait honte. »

Proverbes 12:24
« La main des diligents dominera, tandis que la main paresseuse sera sujette aux travaux forcés. »
Réflexion : Le contraste est entre le fait de diriger et le travail forcé. Dans ce proverbe, les paresseux n'échappent pas au travail ; ils finissent par le faire sous la contrainte.

Proverbes 19:15
« La paresse fait tomber dans un sommeil profond, et l'oisif souffrira de la faim. »
Réflexion : La première ligne décrit la paresse comme quelque chose qui s'aggrave, jetant une personne dans « un sommeil profond ». La seconde qualifie la personne paresseuse d'« oisive » et nomme le résultat clairement : elle « souffrira de la faim ».

Proverbes 13:4
« L'âme du paresseux désire et n'obtient rien, tandis que l'âme des diligents est largement approvisionnée. »
Réflexion : Le paresseux dans ce verset veut des choses. Son âme « désire », et ce désir ne produit rien, tandis que l'âme du diligent est « richement approvisionnée ».

Proverbes 21:25-26
« Les désirs du paresseux le tuent, parce que ses mains refusent de travailler ; tout le jour il éprouve des désirs, mais le juste donne sans retenue. »
Réflexion : Le désir du paresseux le tue « car ses mains refusent de travailler » : il veut sans travailler. La ligne suivante place son désir de toute la journée à côté de la personne juste, qui « donne et ne retient pas ».

Ecclésiaste 10:18
« Quand le travail est paresseux, la charpente s'affaisse ; et quand les mains sont lâches, la maison a des fuites. »
Réflexion : L'image du Prédicateur est celle d'une maison avec un toit affaissé et une fuite, les dégâts lents des réparations jamais effectuées. Le dicton arrive deux versets après un malheur sur le pays « quand ton roi est un enfant, et que tes princes festoient dès le matin » (Ecclésiaste 10:16).
Comment les Proverbes décrivent le paresseux

Proverbes 26:13-16
« Le paresseux dit : Il y a un lion sur le chemin, il y a un lion dans les rues ! La porte tourne sur ses gonds, et le paresseux sur son lit. Le paresseux plonge sa main dans le plat, et il trouve pénible de la ramener à sa bouche. Le paresseux se croit plus sage que sept hommes qui répondent avec bon sens. »
Réflexion : Quatre dictons à la suite décrivent le paresseux. Il invente un danger pour rester à l'intérieur, un lion dans les rues ; Proverbes 22:13 donne la même excuse avec « Je serai tué dans les rues ! » Il se tourne dans son lit comme une porte sur ses gonds, bougeant sans aller nulle part. Il est trop fatigué pour porter la nourriture du plat à sa bouche. Et il se croit « plus sage à ses propres yeux que sept hommes qui savent répondre avec bon sens ».

Proverbes 15:19
« Le chemin du paresseux est comme une haie d'épines, mais le sentier des hommes droits est aplani. »
Réflexion : La route du paresseux est couverte d'épines, tandis que le sentier des hommes droits est une chaussée plane. L'opposé du paresseux dans ce verset est « l'homme droit », un terme moral ; le proverbe considère donc la paresse comme une question de caractère autant que de résultats.

Proverbes 18:9
« Celui qui est lâche dans son travail est frère de celui qui détruit. »
Réflexion : Le dicton place le travailleur négligent dans la même famille que celui qui détruit.

Proverbes 10:26
« Comme le vinaigre pour les dents et la fumée pour les yeux, ainsi est le paresseux pour celui qui l'envoie. »
Réflexion : Ce proverbe concerne un paresseux chargé d'une mission. Le vinaigre pour les dents et la fumée pour les yeux sont de petites irritations vives, et ceux qui les ressentent sont « ceux qui l'envoient », les personnes qui comptent sur lui pour accomplir la tâche.
La paresse envers Dieu

Matthew 25:26-27
« Serviteur méchant et paresseux ! Tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé et que j'amasse où je n'ai pas vanné ? Il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j'aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt. »
Réflexion : Dans la parabole des talents, le serviteur qui a reçu un talent l'a enterré dans le sol et a dit à son maître qu'il avait eu peur (Matthieu 25:24-25). Le maître le traite de « méchant et paresseux », utilisant okneros, et dit que le moins qu'il aurait pu faire était de confier l'argent aux banquiers. Le talent lui est alors retiré et donné au serviteur qui en possède dix (Matthieu 25:28).

Romains 12:11
« Ne soyez pas paresseux dans le zèle, soyez fervents d'esprit, servez le Seigneur. »
Réflexion : Ce verset appartient à une série de brèves instructions adressées à l'Église de Rome qui commence par « Que la charité soit sans hypocrisie » (Romains 12:9). « Paresseux » est okneros, le mot du maître dans Matthieu 25:26, et le zèle qu'il nous met en garde de perdre est dirigé vers le service du Seigneur. Deux versets plus loin, la liste devient pratique : « Pourvoyez aux besoins des saints et exercez l'hospitalité. »

Hébreux 6:11-12
« Nous désirons que chacun de vous montre le même zèle pour conserver jusqu'à la fin une pleine espérance, en sorte que vous ne vous relâchiez point, et que vous imitiez ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses. »
Réflexion : L'auteur vient de dire aux lecteurs que Dieu n'oubliera pas leur travail et l'amour qu'ils ont montré en « servant les saints, comme vous le faites encore » (Hébreux 6:10). Il veut que la même ardeur se poursuive « jusqu'à la fin ». « Paresseux » est nothros, le mot traduit par « lents » dans Hébreux 5:11, « vous êtes devenus lents à comprendre », et le remède proposé est l'imitation de ceux qui « par la foi et la persévérance, héritent des promesses ».

2 Pierre 1:5-8
« À cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la science, à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité. Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ. »
Réflexion : Pierre énumère les qualités à ajouter à la foi les unes après les autres, de la vertu à l'amour, et dit de « faire tous vos efforts » pour y parvenir. Ces qualités, écrit-il, empêchent les croyants d'être « inefficaces ou stériles » ; « inefficace » est argos, oisif ou paresseux. Deux versets plus loin, il réitère l'exhortation : « appliquez-vous d'autant plus à affermir votre vocation et votre élection » (2 Pierre 1:10).
Le travail, et à qui il est destiné

Ecclésiaste 9:10
« Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais-le ; car il n'y a ni œuvre, ni pensée, ni science, ni sagesse, dans le séjour des morts, où tu vas. »
Réflexion : Les versets précédant celui-ci disent au lecteur de manger son pain avec joie et de profiter de la vie avec la femme qu'il aime, « car c'est ta part dans la vie, au milieu de ton travail » (Ecclésiaste 9:9). La raison pour laquelle le Prédicateur exhorte à travailler de toutes ses forces est la mort : il n'y a ni œuvre ni pensée dans le séjour des morts, le travail appartient donc à cette vie.

Colossiens 3:23-24
« Quoi que vous fassiez, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur l'héritage pour récompense. Vous servez Christ le Seigneur. »
Réflexion : Paul s'adresse aux esclaves, et le verset précédent leur dit d'obéir « non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais avec sincérité de cœur » (Colossiens 3:22). Le travail doit être fait « comme pour le Seigneur », et la récompense mentionnée est un héritage venant de lui. La phrase « Vous servez Christ le Seigneur » donne la raison de travailler de bon cœur quand aucun maître terrestre ne regarde.

2 Thessaloniciens 3:10
« Car même lorsque nous étions avec vous, nous vous donnions cet ordre : Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus. »
Réflexion : Paul rappelle aux Thessaloniciens une règle qu'il leur a donnée en personne. Il avait entendu dire que certains « marchent dans le désordre, ne travaillant pas, mais s'occupant de futilités » (2 Thessaloniciens 3:11), et il souligne son propre exemple : lui et ses compagnons travaillaient « nuit et jour » afin de ne pas être à charge (3:8). La règle vise quiconque « ne veut pas » travailler, et l'ordre qui suit est de « travailler paisiblement et de manger leur propre pain » (3:12).
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