
Session 18 : SUR LE CHOIX DES LIVRES ; ET POUR INVITER TOUS LES HOMMES SOUS LA FOI PUBLIQUE AU CONCILE
Étant la deuxième sous le Souverain Pontife, Pie IV, célébrée le vingt-sixième jour de février, MDLXII.
Le sacré et saint, œcuménique et général Synode de Trente, légitimement assemblé dans le Saint-Esprit, les mêmes Légats du Siège Apostolique y présidant, ne se confiant pas dans la force humaine, mais s'appuyant sur le secours et l'assistance de notre Seigneur Jésus-Christ, qui a promis qu'il donnerait à son Église une bouche et une sagesse, a particulièrement en vue de restaurer enfin à sa pureté et à sa splendeur natives la doctrine de la foi catholique, qui est en maints endroits souillée et obscurcie par les opinions contradictoires de beaucoup qui diffèrent les uns des autres ; de ramener à une meilleure méthode de vie les mœurs qui se sont écartées de l'usage ancien ; et de tourner le cœur des pères vers les enfants, et le cœur des enfants vers les pères. Puisqu'il a remarqué, tout d'abord, que le nombre de livres suspects et pernicieux, dans lesquels une doctrine impure est contenue et disséminée au loin, a augmenté outre mesure ces jours-ci, ce qui a été la cause que de nombreuses censures ont été, par un zèle pieux, publiées dans diverses provinces, et surtout dans la belle ville de Rome, et pourtant qu'aucun remède salutaire n'a prévalu contre un désordre si grand et si pernicieux ; il a jugé bon que des Pères spécialement choisis pour cette enquête examinent soigneusement ce qui doit être fait en matière de censures et de livres, et en fassent rapport en temps opportun à ce saint Synode ; afin qu'il puisse plus facilement séparer les doctrines diverses et étranges, comme l'ivraie du froment de la vérité chrétienne, et puisse plus commodément délibérer et déterminer, à cet égard, ce qui semblera le mieux adapté pour dissiper les scrupules de l'esprit de beaucoup, et pour supprimer diverses causes de plainte.
Et le Synode souhaite que tout cela parvienne à la connaissance de toutes les personnes, quelles qu'elles soient, comme par ce présent décret il les en informe ; afin que si quelqu'un pense être concerné de quelque manière que ce soit, soit dans cette affaire de livres et de censures, soit dans les autres choses qu'il a déclarées à l'avance devoir être traitées dans ce Concile Général, il ne doute pas qu'il sera écouté avec bienveillance par le Saint Synode. Et pour autant que ce dit saint Synode désire ardemment, et supplie instamment Dieu pour les choses qui sont pour la paix de l'Église,(1) que nous tous, reconnaissant notre mère commune sur terre, qui ne peut oublier les fils de son sein,(y) d'une seule bouche puissions glorifier Dieu, et le Père de notre Seigneur Jésus-Christ ;(z) il invite et exhorte, par les entrailles de la miséricorde de notre même Dieu et Seigneur, tous ceux qui ne sont pas en communion avec nous, à la concorde et à la réconciliation, et à venir à ce saint Synode ; à embrasser la charité, qui est le lien de la perfection, et à manifester la paix du Christ se réjouissant dans leurs cœurs, à laquelle ils sont appelés, en un seul corps.
(a) C'est pourquoi, en entendant cette voix, non d'homme, mais du Saint-Esprit, qu'ils n'endurcissent pas leurs cœurs
(b) mais, ne marchant pas selon leur propre sens
(c) ni ne se plaisant à eux-mêmes
(d) qu'ils soient émus et convertis par cette admonition si charitable et salutaire de leur propre mère ; car, comme le saint Synode invite, ainsi il les embrassera avec toutes les preuves d'amour. De plus, ce même saint Synode a décrété que la foi publique peut être accordée dans une congrégation générale, et qu'elle aura la même force, et sera de la même autorité et du même poids que si elle avait été donnée et décrétée en Session publique.

INDICTION DE LA PROCHAINE SESSION
Le même sacré et saint Synode de Trente, légitimement assemblé dans le Saint-Esprit, les mêmes Légats du Siège Apostolique y présidant, résout et décrète que la prochaine Session soit tenue et célébrée le jeudi après la très sacrée fête de l'Ascension de notre Seigneur, qui sera le quatorzième jour du mois de mai.

SAUF-CONDUIT ACCORDÉ À LA NATION ALLEMANDE
Dans une Congrégation Générale, le quatrième jour de mars, MDLXII.
Le sacré et saint, œcuménique et général Synode de Trente, légitimement assemblé dans le Saint-Esprit, les mêmes Légats du Siège Apostolique y présidant, certifie à tous les hommes que, par la teneur des présentes, il accorde et concède entièrement la foi publique, et la plus complète et la plus vraie sécurité, qu'ils appellent un sauf-conduit, à tous et à chacun des prêtres, électeurs, princes, ducs, marquis, comtes, barons, nobles, soldats, gens du commun, et à toutes autres personnes quelles qu'elles soient, de quelque état, condition ou qualité qu'ils puissent être, de la province et de la nation d'Allemagne, et aux villes et autres lieux de celle-ci, et à toutes les personnes ecclésiastiques et séculières, surtout celles de la Confession d'Augsbourg, qui viendront, ou seront envoyées avec eux à ce Concile Général de Trente, et à ceux qui se mettront en route, ou qui sont déjà arrivés ici, sous quelque nom qu'ils soient intitulés, ou puissent être désignés, – de venir librement dans cette ville de Trente, et là de rester, demeurer, séjourner, et de proposer, parler, et traiter de, examiner et discuter de toutes questions quelles qu'elles soient avec ledit Synode, et librement de présenter et d'exposer tout ce qu'ils jugeront bon, et tous articles quelconques, soit par écrit, soit de vive voix, et de les expliquer, établir et prouver par les saintes Écritures, et par les paroles, passages et raisons des bienheureux Pères, et de répondre même, s'il est besoin, aux objections du Concile Général, et de disputer, ou de conférer en charité, sans aucun empêchement avec ceux qui ont été sélectionnés par le Concile, tout langage opprobrieux, injurieux et contumélieux étant totalement écarté ; et, en particulier, que les questions controversées seront traitées, dans ledit Concile de Trente, selon la sainte Écriture, et les traditions des apôtres, les Conciles approuvés, le consentement de l'Église catholique, et les autorités des saints Pères ; avec cet ajout supplémentaire, qu'ils ne seront pas punis sous prétexte de religion, ou d'offenses déjà commises, ou qui pourraient être commises à cet égard ; ainsi que, les offices divins ne seront pas, en raison de leur présence, interrompus d'aucune manière, que ce soit sur la route, ou en tout lieu pendant leur progression, leur séjour, ou leur retour, ou dans la ville de Trente elle-même ; et que, ces questions étant conclues, ou avant qu'elles ne soient conclues, s'ils, ou l'un d'entre eux, le souhaitent, et quand bien même tel est leur ou son plaisir, ou l'ordre et la permission de leurs supérieurs, de retourner dans leurs propres foyers, ils pourront immédiatement, à leur bon plaisir, retourner librement et en toute sécurité, sans aucun empêchement, obstacle ou retard, sans dommage causé à leurs biens, ou à l'honneur et aux personnes de leurs accompagnateurs respectifs, – notifiant, cependant, ce dessein de retrait à ceux qui seront députés à cet effet par ledit Synode, afin que, sans tromperie ni fraude, des mesures appropriées puissent être prises pour leur sécurité. Cette assurance fournie par le Synode reflète son engagement à favoriser un dialogue ouvert et une résolution parmi les perspectives théologiques divergentes pendant le Concile de Trente. En assurant la protection et les libertés des participants, le concile a cherché à répondre aux besoins spirituels de l'Église catholique tout en naviguant dans les complexités de la Réforme. Un complet aperçu du concile de Trente mettra en lumière les décisions et débats significatifs qui ont émergé au cours de cette période charnière de l'histoire de l'Église. De plus, le Synode affirme que ces dispositions seront en vigueur et maintenues comme un témoignage de l'engagement envers la paix et le dialogue entre toutes les parties impliquées. Il est du devoir de chaque participant de s'engager sérieusement et respectueusement dans les discussions, favorisant un environnement propice à la compréhension et à la réconciliation tel qu'énoncé dans le décret du concile de Trente session xxiv. Ce faisant, le Synode espère promouvoir une unité durable au sein de la communauté diversifiée des croyants et donner la priorité aux valeurs essentielles de foi et de charité. De plus, il est essentiel que tous les participants soient conscients de l'impact substantiel que leur participation peut avoir sur les réformes et décisions en cours de l'Église. Ce Synode est un moment charnière dans le paysage ecclésiastique, et dans le cadre de l' aperçu de l'histoire du concile de Trente, les résultats influenceront sûrement les générations futures de membres du clergé et de laïcs fidèles. Par conséquent, un esprit de collaboration et de bonne volonté est encouragé pour assurer des discussions et des résolutions fructueuses. De plus, il est décrété que tous les participants sont encouragés à s'engager dans un dialogue fructueux, contribuant à la recherche de la vérité et de la compréhension au sein de la foi. Le Synode anticipe que cet engagement envers une communication ouverte favorisera un esprit d'unité parmi les personnes présentes, enrichissant finalement les délibérations du concile de Trente session xxii. Tous doivent rester vigilants dans leurs devoirs, veillant à ce que le respect et la bonne volonté prévalent tout au long des procédures.
Le saint Synode veut également que toutes les clauses quelles qu'elles soient, qui peuvent être nécessaires et utiles pour une sécurité pleine, effective et suffisante pour venir, séjourner et retourner, soient incluses et comprises, et soient considérées comme comprises, dans cette foi publique et ce sauf-conduit. Il déclare aussi expressément, en vue de leur plus grande sécurité, et de la bénédiction de la paix et de la réconciliation, que si, ce qu'à Dieu ne plaise, quelqu'un, ou plusieurs parmi eux, devaient, soit sur la route en venant à Trente, soit pendant leur séjour à, ou leur retour de cette même ville, perpétrer ou commettre un acte odieux, par lequel le bénéfice de cette foi publique et de cette assurance pourrait être annulé et cassé, qu'il veut et accorde que les personnes découvertes dans un tel crime soient immédiatement punies par leurs propres compatriotes, et non par d'autres, avec un châtiment proportionné et une réparation suffisante, que le Synode de son côté peut justement approuver et louer, – la forme, les conditions et les termes de leur sauf-conduit restant totalement intacts par cela.
Il veut aussi réciproquement, que si, ce qu'à Dieu ne plaise, quelqu'un, ou plusieurs, de ce Synode, devaient, soit sur la route, soit pendant leur séjour à, ou leur retour de celle-ci, perpétrer ou commettre un acte odieux, par lequel le bénéfice de cette foi publique et de cette assurance pourrait être violé, ou de quelque manière écarté, les personnes découvertes dans un tel crime soient immédiatement punies par le Synode lui-même, et non par d'autres, avec un châtiment proportionné et une réparation suffisante, que les Allemands de la Confession d'Augsbourg, qui peuvent être présents ici à ce moment-là, peuvent de leur côté justement approuver et louer, – la présente forme, les conditions et les termes du sauf-conduit restant totalement intacts par cela.
Ledit Synode veut aussi que tous et chacun des ambassadeurs soient autorisés à sortir de la ville de Trente pour prendre l'air, aussi souvent qu'il sera commode ou nécessaire, et à y retourner ; ainsi que librement d'envoyer ou d'expédier leur messager ou leurs messagers en tous lieux quels qu'ils soient, selon que leurs affaires peuvent l'exiger, et de recevoir lesdits messagers ou messager, dépêches ou dépêche, aussi souvent qu'ils le jugeront bon : de sorte cependant qu'un ou plusieurs soient associés à cela par les députés du Concile, pour pourvoir à la sécurité desdits courriers : et ce sauf-conduit et ces sécurités resteront valables et dureront, tant à partir de et pendant le temps qu'ils auront été reçus sous la garde dudit Synode, et la protection de ses agents ; et de plus, après qu'ils auront eu une audience suffisante, et vingt jours étant expirés après qu'ils auront eux-mêmes demandé, ou après que le Concile, sur cette audience tenue, leur aura donné avis, de retourner, il les reconduira, toute tromperie et fraude étant entièrement exclues, avec l'aide de Dieu, de Trente à ce lieu de sécurité que chacun pourra choisir pour lui-même. Tout ce qu'il promet, et en bonne foi s'engage, sera inviolablement observé envers tous et chacun des fidèles du Christ, envers tous les princes ecclésiastiques et séculiers, et envers toutes les autres personnes ecclésiastiques et séculières, de quelque état et condition qu'ils puissent être, ou sous quelque nom qu'ils soient désignés.
De plus, il promet en toute sincérité et bonne foi, sans fraude ni tromperie, que ledit Synode ne cherchera, ni ouvertement ni secrètement, aucune opportunité, ni n'utilisera, ni ne permettra à quiconque d'utiliser, aucune autorité, pouvoir, droit, ou statut, privilège de lois ou de canons, ou de quelque Concile que ce soit, surtout ceux de Constance et de Sienne, sous quelque forme qu'ils soient exprimés ; au préjudice de quelque manière que ce soit de cette foi publique, et de cette sécurité la plus complète, et de l'audience publique et libre, par ce dit Synode accordée aux susnommés ; – dérogeant à ce qui précède à cet égard et pour cette occasion.
Et si le saint Synode, ou l'un de ses membres, ou de leurs partisans, de quelque condition, état ou prééminence qu'ils soient, viole – ce que le Tout-Puissant puisse empêcher – la forme et les termes de la sécurité et du sauf-conduit tels qu'énoncés ci-dessus, en quelque point ou clause que ce soit, et qu'une réparation suffisante n'a pas immédiatement suivi, et une qui puisse avec raison être approuvée et louée par les parties (intéressées) elles-mêmes ; ils peuvent et doivent tenir ledit Synode comme ayant encouru toutes ces peines, que, par la loi humaine et divine, ou par la coutume, les violateurs de tels sauf-conduits peuvent possiblement encourir, – sans qu'il y ait aucune excuse, ou allégation contraire à cet égard. EXTENSION DE CELUI-CI À D'AUTRES NATIONS
Le même sacré et saint Synode, légitimement assemblé dans le Saint-Esprit, les mêmes Légats a latere du Siège Apostolique y présidant, accorde la foi publique, ou un sauf-conduit, sous la même forme, et dans les mêmes termes, où il est accordé aux Allemands, à tous et à chacun de ces autres, qui ne sont pas en communion avec nous en matière de foi, de quelque royaume, nation, province, ville et lieu qu'ils puissent être, où le contraire de ce que tient la sainte Église romaine est publiquement et impunément prêché, enseigné ou cru.
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